30 . 06 . 2018

  • 7 h 10 arrivée à l’aéroport d’Hanoï
  • 8h10 Hôtel de Syloia
  • 9h30 Temple de la Littérature à Confucius
  • 11h50 Old Hanoï Tôn Thât Iliep
  • 13 heures Pagode des ambassadeurs
  • 14 heures check-in / sieste
  • 16h30 Lac Hoan Kiem / Temple Ngoc Son
  • 18h30 Spectacle des marionnettes
  • 20 heures Marché Dong Xuan nord de la Vieille ville
  • 21 h 30 Opéra de Hanoï 
  • 21 h 50 bar de jazz
Les arbres se mêlent à l’architecture. Les câbles relient les côtés de la rue.

Une fois mes derniers appels passés auprès de ma famille, je suis prêt à embarquer à bord du vol long courrier Vietnam Airlines réservé sur Transavia en partenariat avec Air France direction Hanoï. L’équipe veille avec attention à notre confort. A côté de moi, au dernier rang de l’appareil, un couple anglo-vietnamien résidant à Hanoï. Nous goûtons à une nourriture de qualité. Je consulte le guide avant de me reposer puis je regarde Love Saigon Story, un polar vietnamien. Nous traversons un typhon qui me crispe les mâchoires, bloque mon nez et attaque l’intérieur de mes tympans. Le sang cesse de circuler dans mon mollet gauche, l’hôte de l’air me donne une bouteille d’eau. Lors de l’atterrissage, une passagère s’inquiète de ma situation et m’offre un chewing—gum pour calmer la douleur. Nous avons une heure de retard. Je stresse quant au sac de randonnée Quechua que mon ami Thibault Le Glatin m’a prêté. Charles d’Andginé m’a averti qu’ils peuvent se retrouver bloqués dans les tapis roulants. Je peine à croire que je suis arrivé. J’échange mes euros contre plus de 6.000.000 de dongs vietnamiens. En sortant, je cherche le taxi que j’ai réservé en même temps que les nuitées sur Booking.com et je finis par apercevoir une ardoise veleda avec mon nom écrit en lettres capitales, rouges. Le chauffeur a tout d’un mec sympa, même si nous peinons à nous comprendre. Il m’amène d’abord à un autre hôtel, à quelques mètres de celui que j’ai réservé, le de Siloya. La réceptionniste m’aide à organiser quelques points de mon séjour et me conseille de me rendre à Ha Giang en raison du typhon. Vi Ha m’en avait montré les conséquences sur les routes de Sapa via des vidéos publiées sur les réseaux sociaux par des locaux.

Un autre taxi m’a conduit au temple de la littérature où je me suis acheté deux éventails. En vérité, j’y ai été plus ou moins forcé par deux rabatteuses qui m’ont pris un billet de 500.000. la guichetière a été si touchée de mon cas qu’elle m’a aidé à récupérer 150.000, les femmes étant intraitables. Cela m’a atteint dans ma visite, puis j’ai commis une offrande au temple et me suis rappelé le dicton de ma famille maternelle : « plaie d’argent n’est pas mortelle ». Je retrouve la sérénité en ce lieu chargé symboliquement. A l’étage, l’autel de Confucius me renvoie à un voyage en Chine dont j’ai notamment conservé un item du temple de Confucius de la cité impériale. Je n’ai pas emporté ce porte-bonheur, histoire de ne pas le perdre. L’omniprésence de la nature me soulage. Les touristes asiatiques photographient à peu près tout, y compris des pierres tombales. La guichetière m’indique la voie du restaurant Old Hanoï à l’aide de son ordiphone et de la géolocalisation. Les motocycles m’alpaguent en discontinu sur la route. La ville m’intimide autant qu’elle me surprend. La famille du restaurant me sert avec cordialité, un grand sourire aux lèvres. Je me dirige vers la Pagode des Ambassadeurs, assez imposante et plutôt aisée. Des personnes dorment un peu partout sur de fins tapis de sol. Il y a des femmes assises sur des nappes en soie.

Vue sur les toits de la pagode des ambassadeurs, datée du XVe Siècle.

Je rentre à l’hôtel, sur le chemin je manque de m’évanouir : je marche endormi sur plusieurs centaines de mètres, les yeux fermés du moins, à cause de la chaleur intenable, accrue par la pollution. La réceptionniste m’informe que je pourrai rejoindre Shan Tri, la route ayant été dégagée depuis le typhon. Pour le spectacle à l’opéra, mon ticket n’a pas été acheté pour la bonne ville, je ne peux plus rien y changer. Le spectacle a lieu au Théâtre Ha Noï de Saigon et non à Hanoï. Je me prépare un  bain après avoir remercié le groom d’un pourboire européen. Je m’endors dedans puis me relève et profite du lit. A mon réveil, je me sers dans la corbeille de fruits. Je longe le lac Hoan Kiem et pénètre le temple dont les couleurs et la végétation m’éblouissent. De jeunes vietnamiennes m’adressent la parole en anglais. Je réponds à leur questionnaire sur mon expérience de touriste dans le cadre de leurs études. Je croise un couple de Français, un peu imbus d’eux-mêmes.

Au Spectacle des marionnettes, la musique me repose. Le spectacle m’amuse par son rythme et ses jolis objets, évoquant les arts et l’artisanat traditionnels du pays. Je suis arrivé à l’heure dans une salle pleine après un passage express à l’agence de voyage ATravelmate Nguyen Phuong Thuy m’a conseillé avec écoute et serviabilité. Je me promène dans Dong Xuan où je me procure à manger pendant que les citadins fêtent la vie en se baladant dans les rues attenantes du lac Hoam Kien. C’est revigorant et délicieux.

Le pont rouge du Lac Hoam Kien scintille toutes les nuits durant.

Je me promène dans les quartiers pauvres où de gros chiens enchaînés gardent les maisons. Un jeune homme tire de volumineuses caisses en métal à l’aide de ses bras. La détérioration des rues me fait de la peine. Je passe devant l’opéra puis m’arrête pour un gin au Quyen Van Minh. La barmaid m’installe au bar, mon voisin, un consultant italien de 35 ans, entame la conversation. Il me conseille sur le Vietnam et me confie ne pas aimer le nord du pays.

« If you stay with white people, you would not enjoy your trip. »

Je crois qu’il n’a pas dû comprendre ce que je lui ai expliqué. Au vu de l’heure, je décide de rentrer. Je me perds en chemin et me retrouve le long d’une route très empruntée avec des échoppes éclairées par des néons au rez-de-chaussée de maisonnettes en piteux état. Un homme sur un scooter freine et m’ordonne avec bienveillance de faire demi-tour, visiblement angoissé. Je demande mon chemin à une femme qui me met la main au sexe et me claque les fesses. Je poursuis ma route. Une jeune fille quitte son amie pour me guider jusqu’au croisement de la rue de l’hôtel. Je n’ose rien, tétanisé.

01 . 07 . 2018

Trois palmiers du site du mausolée de Hô Chi Minh sur ciel lumineux.

À ma demande, le réceptionniste m’appela à 5 h 45, vérifier que je m’étais bien réveillé. Je mange quelques fruits et gourmandises du buffet avant de partir en taxi au site du mausolée de Hô-Chi-Minh. La chaleur est déjà conséquente lorsque je descends. Le soleil règne sur toute la place de Ba Dinh. Des fleurs et des arbres bordent le mausolée. Plusieurs familles me demandent de me prendre en photo avec leurs enfants. L’un des parents m’emprunte mon chapeau le temps de la photo.

Des touristes traversent la place Ba Dinh, en permanence.

Je parcours le parc, l’allée des manguiers et la maison. Une fois dans le musée, je finis par me rendre compte que les calligraphies que je viens de me procurer ne sont plus entre mes mains. Les rouleaux gisent encore dehors, au niveau du guichet, en dehors du champ de vision de l’hôtesse. Plus tard, je réalise avoir égaré le chapeau de paille des Solidays, définitivement.

A la sortie, un homme insiste pour m’emmener à moto, je tiens à faire le chemin à pied.

«  Sir, it’s too warm for you !

– I Will be there during a month, I need to adapt myself. »

J’ouvre mon sac pour prendre de l’eau et je constate alors que mon micro a pris l’eau qui s’est déversée, comme si elle avait fondu. Je m’avance sur le chemin des pagodes, le soleil devient plus difficile à supporter sans chapeau. Je suinte, je peine à respirer et mes jambes s’alourdissent. Je croise un écureuil. 

“Le temple du sanctuaire de pierre”, où des maîtres en arts martiaux présentent leur savoir-faire.

À l’entrée, une rabatteuse me vend un chapeau rond. Un groupe s’entraîne aux arts martiaux. Il me remplit volontiers ma gourde qui a déjà atteint une température supérieure à 40°C. Il me prévient :

« Be careful. »

Nos regards restent en contact plusieurs dizaines de secondes tandis que nous nous éloignons. Au second temple, j’entre pieds nus et écoute la prière du moine que j’enregistre à l’aide de mon micro ZOOM H4N PRO. A la fin, il me fait signe de sortir.

https://soundcloud.com/mani_tou/priere-au-temple

Je m’avance vers le troisième, très éloigné, beaucoup plus que je ne l’avais présumé en étudiant la carte. J’ai longé le lac, croisé des vendeurs d’oiseaux, quelques touristes et de nombreuses boutiques de produits manufacturés de qualité à prix réduits. Je suis totalement trempé au niveau du buste. Je ressens la chaleur brûler mon visage. 

Paysage lacustre dans le district de Tay Ho.

Je remplis mon eau au bidon d’un hôtel de luxe et suis soulagé quelques instants par l’air conditionné. On me dit que je suis encore loin et que je devrais appeler un taxi. Je poursuis ma route. J’atteins une zone plus enfoncée et une épicerie où j’achète de l’eau et essaie la pipe à eau. Au temple, je prie. Un enfant me propose des produits, je lui donne de l’argent, 100.000 VND et l’observe prendre sa pause muni de son épuisette.

Chez Madame Hien, je leur demande un sèche-cheveux pour mon carnet. Ils ne parviennent pas à me le sauver. Le repas est composé de rouleaux de champignons, de palourdes, d’une gamba et d’une huître assaisonnées, le tout accompagné d’une boisson aromatisée et d’une coupe de fruits crémeuse. Avant de partir, on repère mon accent et j’échange quelques mots en français. J’arrive à Bach Ma après de nombreux détours et je me mets à genoux devant le ventilateur. On veut me vendre des bracelets, je refuse les bijoux. Je hèle un taxi pour aller au Musée des femmes vietnamiennes où j’en apprends plus sur les coutumes des différentes tribus du pays à l’aide d’objets et de vêtements de la vie courante. Je manque de m’assoupir à la fin du film sur les mariages, juste avant de m’acheter des dessous de verre brodés à la boutique. En sortant, j’entre au salon de massage sur le parvis que j’avais aperçu en arrivant. Beaucoup d’incompréhensions entre nous quand j’ai demandé à me laver les pieds moi-même avant de recevoir les soins, puis à la fin quand je fais le geste d’échanger des billets en laissant un pourboire qu’elles refusent.

Eau bouillante et seau en bois sur carrelage.

La masseuse ôte la peau morte qui s’était accumulée en deux jours et soulage mes nerfs. Après un nouveau passage au marché, je savoure deux cocktails à base de rhum et de vermouth au Sofitel Metropole Hotel.

02 . 07 . 2018

  • 6 h 50 My Din Binh Station
  • 7 h 30 départ en bus couchette
  • 12 h 15 arrêt pour déjeuner
  • 14 heures arrivée à Bai Yue Tribe / rencontre avec Chaô et Enki
  • 15 heures installation et rencontre des enfants
  • 16 heures tour des lieux et lavage des vêtements
  • 17 heures piscine
  • 19 heures dîner / soirée avec les enfants / lecture
Vue à l’ouest de la vieille ville.

Je me lève à 4h45, j’emporte les fruits de la chambre avec moi et demande un café au comptoir de l’hôtel. Le soleil se lève rapidement et la ville a entamé son animation. Un oisillon se pose sur le rebord de la fenêtre. Je suis dehors. J’arrive à 6h45 à la station My Binh Dinh, le taxi m’a gardé des sous sur un ton rustre. Des hommes fument la pipe à eau à l’intérieur. Un militaire surveille les lieux. Le guichetier me fait payer 200.000 VND pour l’aller. Je prends un bus avec des sièges allongés, je n’ai pas le droit de conserver mon sac à l’intérieur. Aucun ne parle anglais. On m’installe au fond du bus, pas sur les banquettes avec le plus de place. Trop serré pour moi. Nous partons après trente minutes. Je regarde défiler le paysage, je suis excité à l’idée de rejoindre Shan Tri et de rencontrer tout le monde. C’est tropical, les montagnes commencent à apparaître. Des arbres parsèment les routes, de nombreuses espèces différentes décorent les contrées. Je finis par m’endormir sous la climatisation et une couverture bleu clair, mon anorak avec mes affaires importantes nouées autour de ma cuisse gauche, orientée vers l’extérieur. Lorsqu’on me tâte, je me réveille brusquement. L’un des responsables a voulu faire de la place en bougeant mon chapeau. Je tente de le récupérer mais il le conserve et ne m’adresse aucun mot. Un peu plus tard, en cherchant les yaourts qui m’ont été donnés à mon départ ce matin, je me retourne pour demander le sachet au passager derrière moi qui se vexe aussitôt et se lève. Le passager en dessous de moi le tient entre ses mains. Nous nous arrêtons à une baraque pour déjeuner. J’entre demander une cuillère dans une maison, les responsables m’ayant ri au nez. Ils n’en ont qu’en métal alors je retourne commander un repas. Ici c’est misérable, il n’y a presque rien. Le chien lape les fluides venant des toilettes en pierre. Pour 50.000 VND, j’ai de quoi manger deux fois. Comme le veut la coutume, je propose de rendre le reste. Avec les gestes, ils finissent par me le donner dans une boîte.

Route vallonnée en direction de Hanoï.

Je m’endors à nouveau dans le bus puis me réveille : il est 13h50, je me dis qu’il y a bien un problème alors je me rends à l’avant et demande si nous avons dépassé Bai Yue Tribe. Ils avaient oublié. J’ai dix minutes. Je récupère mes affaires. Je manque de tomber donc ils me demandent de m’asseoir sur les marches aux côtés d’une femme. Je leur donne ma nourriture. Ils me disent d’enfiler mes chaussures. Je demande s’ils ont une poubelle, ils prennent le sac. Le bus freine, nous récupérons mes sacs sur le côté de la voie. C’est dangereux. Vingt secondes plus tard, je me situe sur le bas-côté, le bus redémarre et ils jettent les détritus.  Je m’impatiente.

Route en direction de Ha Giang, sur la droite, l’entrée de Bai Yue Tribe.

Personne dans la cour, je croise deux personnes qui ne parlent pas anglais. J’attends assez dans le salon de thé. Une jeune femme vient me chercher. Chaô m’aide à porter les sacs, j’étouffe. Elle me guide au dortoir où je rencontre Enki dans une salle sans lumière naturelle. Il y a deux larges lits superposés assortis d’un court rideau. Deux ventilateurs tournent à plein régime, des enfants circulent. Je passe aux toilettes, une femme nue est peinte sur le mur. Le sol n’est pas propre, je sais que je ne m’y laverai pas pieds nus. A l’arrivée de Shan Tri, je suis soulagé qu’il me présente la guest-house bien équipée que j’ai réservée lors de notre échange sur le site de wwoofing. Des interrupteurs contrôlent la climatisation et la télévision, les câbles demeurent accessibles au toucher. Je me prépare pour la piscine après avoir donné de mon aide pour l’installation de quelques meubles. J’ai commencé par discuter avec quelques enfants auxquels j’ai montré les premières photos. Après une douche, j’arrive pour le dîner. 

Fresque délabrée sur un mur du camp.

Un pot contient les baguettes en bois. Les plats ont été posés sur une table et nous n’avons qu’à nous servir. Le repas me comble. Shan Tri veut attendre les deux prochains wwoofers avant de répondre à mes questions. Je lis un moment le livre de Cyprien Mycinski au moment de me coucher. Je suis heureux d’être là, présent, et de vivre.

One thought on “Chapitre Premier : L’aventure c’est l’aventure”

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