Le dub fleurit en ce moment, nous ne vous apprenons rien : une tendance qui renoue avec l’ambiance caractéristique qu’a apportée le reggae, en y mêlant la science de l’électro et la fougue du hip-hop. Chinese Man Records a bien imprégné l’univers musical depuis son apparition, et c’est aujourd’hui au tour de Taiwan MC d’être mis à l’honneur par le label. Deux semaines avant le spectacle enjoué qui se prépare au Petit Bain, nous vous proposons d’accéder à l’entretien que Taiwan MC a pris le temps de nous accorder.

Aujourd’hui nous sommes avec Taiwan MC à l’occasion de la sortie de son nouveau disque, son premier album qui s’appelle « Cool and Deadly » après 2 EP. Taiwan MC, avec ce premier album vous rebrassez les sonorités d’aujourd’hui et des derniers mouvements musicaux, comment vous êtes venue cette inspiration ?

Taiwan MC : Depuis des années j’écoute des sons complètement divers. J’écoute les nouveautés, des sons rétro, j’ai toujours écouté du jazz, du reggae par ma famille, même du classique. J’ai toujours un lien avec le vinyle. Donc sur ce disque j’ai essayé de retranscrire toutes les sonorités que j’aime : ça part du reggae vers l’électro, ça passe par le dub, le hip-hop. Le dernier morceau est avec des basses saturées, c’est un petit hommage à Cypress Hill. J’ai essayé de voyager sans trop me perdre parmi toutes ces sonorités.

Vous faites partie de Chinese Man Records, est-ce que nous pouvons considérer que c’est comme une grande famille ?

Taiwan MC : Complètement, c’est ce qui s’appelle un collectif, il y a plusieurs groupes, des gens qui travaillent du côté administratif, ceux qui sont dans le graphisme, d’autres qui travaillent sur la vidéo, des MC, des dubmakers. C’est une vraie grande famille oui. Ça fait maintenant 5 ans que je travaille avec eux et que je les ai rencontrés. J’ai commencé en rentrant chez Chinese Man, et petit à petit j’ai été intégré par la famille puisque je sors mon troisième disque chez eux et mon premier album.

Donc un peu d’excitation quand même ?

Taiwan MC : Ah oui là je suis très content parce que ça fait longtemps que je fais de la musique. Puis c’est la première fois que je peux dire que je sors un album dans les bacs. Un album qui me ressemble et qui vient de moi.

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Pochette de l’album.

Vous pouvez nous en dire un peu plus sur votre parcours dans la musique ?

Taiwan MC : Alors j’ai commencé en MC de drum&bass, je faisais des soirées drum&bass dans les années 2005-2006, j’ai monté un collectif qui s’appelait « Cool & Deadly » à l’époque justement. On faisait des soirées au format club, ensuite j’ai rencontré un DJ qui s’appelle Thicky al Dente, c’est lui qui m’a présenté Chinese Man. Ensuite je suis entré dans cette équipe. J’ai fait 5 ans de tournée, donc c’était une grande aventure et là je me lance en solo.

Même si vous êtes en solo, et vous continuez de faire des featurings. Il y a eu Biga Ranx, et maintenant toute une série de partenariats : vous adoptez un processus de travail et de création en particulier pour ce type de morceaux ?

Taiwan MC : Je réfléchis, je me demande quelsgenre de voix pourraient aller avec la mienne, j’essaye d’imaginer des contrastes. En tout cas c’est souvent une histoire de contrastes avec des voix douces par rapport à des morceaux énervés par exemple. Je trouve que la mienne se prête bien au mélange avec celle de rappeurs, parce que je ne sais pas rapper. Je sais chanter, je sais toaster comme on dit, faire des « flow ragga », mais le flow hip-hop c’est un registre que je ne maîtrise pas. Donc j’adore m’associer avec ces rappeurs, pour avoir le contraste avec ces morceaux. Idem pour les chanteuses qui peuvent aller vers des voix très douces, que je ne maîtrise pas très bien. Je leur laisse faire le refrain et je m’occupe des couplets.

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Il y a vraiment plusieurs voix différentes, plusieurs musicalités aussi. Votre marque de fabrique vous la définirez comment ?

Taiwan MC : Je travaille toujours avec SOAP [Son Of A Pitch], mon beatmaker qui a réalisé l’album : c’est un instrumentiste qui vient du jazz et de styles très variés, notamment la drum&bass. Nous n’utilisons pas beaucoup de samples : mon mode de fonctionnement consiste à construire des boucles assez sommaires sur mon ordinateur. Je les amène à SOAP et j’ai souvent une idée de refrain. Lui c’est presque le réal qui analyse mes idées, pour séparer les bonnes des mauvaises et il transforme le tout en une série de morceaux qui s’écoute tout à fait bien.

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SOAP [Son Of A Pitch]

Vous pouvez nous parler des machines avec lesquelles vous travaillez ?Taiwan MC : Je suis très sommaire comme je t’ai dit, j’utilise Cubase, je n’ai même pas de clavier ni de contrôleur, je fais tout avec ma souris, je construis les boucles qui seront travaillées par SOAP. Lui il a vraiment un studio, du matériel. Nous mélangeons du hardware, des logiciels et des vrais instruments. Ve que nous apprécions c’est aussi de jouer avec des musiciens : un bassiste, un guitariste, des cuivres, trompettes, saxophones, percussions qui sont joués en live. Nous aimons bien mélanger le son live et des sonorités plutôt électroniques.

De gauche à droite : Matthieu Seignez, SOAP, Tawain MC.

De gauche à droite : Matthieu Seignez, SOAP, Tawain MC.

Ça c’est vraiment dans l’ère du temps !

Taiwan MC : Alors je ne sais pas, nous avons toujours joué comme ça : après on affine au fil du temps. Nous n’essayons pas de sonner complètement rétro, ni de révolutionner la musique. Avec SOAP nous aimons autant les nouveaux styles tels que le dubstep ou le trap, des titres un peu amusants ; que le vieux jazz qui craque sur un vinyle des années 50. Nous nous situons à mi-chemin, au niveau du son c’est un collage qui relève vraiment de questions de mixage assez geek : comment arriver à ce qu’on ne se rende pas compte si c’est un sample, un truc qui a été fait en 2016, en 1995, en 1970. Nous utilisons par exemple l’autotune, un effet très utilisé de nos jours, mais avec parcimonie pour nous. La plupart des sons hip-hop faits avec de l’autotune sont poussés au max pour entendre les effets. Nous l’insérons plus subtilement, comme un instrument. Nous essayons de mélanger ces instruments modernes avec ceux des années 80 comme le « voicoder ». Je pense que c’est ce mélange qui fait notre musique.

C’est une manière de revisiter notre patrimoine musical ?

Taiwan MC : Oui ! C’est surtout que les bonnes techniques de mixage et d’enregistrement ont quasiment toutes été créées par les ingénieurs du son du reggae, comme King Tubby, Lee Perry ou Scientist, King Jammys. Des techniques qui sont utilisées par des ingénieurs son : ça concerne la mise en avant de la basse ou de la batterie, le choix de remix marqués comme celui d’isoler certaines parties… Toutes ces banalités du dub, nous essayons de les faire revivre comme beaucoup de gens de nos jours. C’est juste que rien n’est vraiment nouveau, on revient sur des bases qui ont été faites dans le passé et qu’on redécouvre.

Avec le collectif Chinese Man, est-ce que vous vous sentez représentants de la condition des musiciens contemporains ?

Taiwan MC : Nous avons de la chance. Déjà on est en France ; donc il faut savoir qu’on a le statut d’intermittents du spectacle et qu’on arrive à faire suffisamment de concerts dans l’année. En revanche, il y a des pays où la condition des musiciens n’est pas si facile et ils doivent compléter leurs revenus par une autre activité professionnelle. A côté de ça, ils font de la musique le soir, c’est leur passion. Et ce, même s’ils sont professionnels ! Je connais beaucoup d’Anglais ou d’Italiens qui ont l’air de beaucoup tourner mais ils ont quand même un deuxième boulot. Je pense qu’en France on a de la chance avec la musique et j’espère que ça va continuer.

Votre relation avec les équipes de production et de programmation des spectacles, elle est plutôt bonne ?

Taiwan MC : Oui la plupart du temps nous sommes bien accueillis, ils sont assez cool. De plus l’opportunité avec Chinese Man Records est que nous formons une grande équipe composée de techniciens performants coachés par un manager et un régisseur. Il y a également un booker [ndlr organisateur de soirées NDLR] qui maîtrise parfaitement son sujet.

Est-ce que nous pouvons dire que votre création/production musicale, se réalise encore selon le principe de la débrouillardise propre au raggamuffin ?

Taiwan MC : Complètement ! L’album « Cool & Deadly » a été enregistré dans une pièce qui est quatre fois plus petite de celle où nous sommes en ce moment (rires). Nous avions vraiment un tout petit studio : les personnes sont étonnées car nous n’avions pas une grosse console comme on voit dans les studios de son classique. Nous travaillons vraiment, comme tu le disais à la débrouillardise, avec des morceaux de bois (rires), de bric et de broc. Le tout avec une technique, qui s’est affinée au fil du temps et comme dit SOAP nous n’avons pas besoin d’avoir une armée de synthétiseurs et des milliards de machines, si on sait utiliser le peu de matériel qu’on a, on arrive à réaliser un disque cohérent comme cela. Il a été masterisé par Kasablanca Mastering, pour que ça sonne vraiment bien lourd et fat.

Tawain MC en train de fumer.

Tawain MC

Ça fait longtemps que vous travaillez ensemble avec Kasablanca et SOAP ?

Taiwan MC : Ça commence à faire longtemps, bientôt 10 ans avec SOAP et c’est le deuxième disque que Kasablanca a masterisé pour moi. Habituellement, il en fait pour les gens de la scène française, il masterise l’album de Chinese Man, il fait du bon boulot d’autant qu’il est DJ lui aussi. Il fait partie de La Fine Equipe et Jukebox Champions. Big Up à lui.

Vous êtes tout un réseau qui s’organise pour nous proposer de la musique finalement ?

Taiwan MC : Ah oui c’est plein de gens professionnels, dans des milieux différents qui ont bossé dessus. Bien qu’on appelle ça un album solo, il y a toutes sortes de personnes qui ont bossé dessus, qui ont mis leur savoir-faire et leur expérience au service du projet. Et du coup ça donne une œuvre collective finalement.

La collectivité on la ressent beaucoup d’ailleurs. C’est important aujourd’hui de trouver des endroits avec du bon son.

Taiwan MC : Oui à Paris c’est pas si évident. Avant j’organisais des soirées à Paris, maintenant plus trop. J’ai des échos d’amis pour qui ça n’a vraiment pas l’air évident de trouver les lieux pour pouvoir programmer ce qu’on veut, on pense que ça évolue mais pas forcément. Certains lieux ouvrent, d’autres ferment et les programmateurs ne sont pas si ouverts d’esprit… A mon avis ça ira en s’améliorant.

En 2014 avec Chinese Man vous avez fêté vos 10 bougies. Que nous réservez-vous pour votre 15e anniversaire ?

Taiwan MC : Il faudra vraiment attendre le moment venu. Nous vous préparons quelque chose d’assez exceptionnel !

Un cadeau déjà préparé, plutôt de dernière minute ?

Taiwan MC : On est un label indépendant donc la dernière minute on connaît. Pour autant, je pense qu’avec Chinese Man Records, quand il s’agit d’organiser des événements c’est mûrement réfléchi quand même, mais pour l’instant, on ne peut pas en dire plus !

Qu’est-ce que vous nous préparez pour la soirée au Petit Bain le 25 Novembre ?

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Affiche de la soirée du 25 Novembre au Petit Bain.

Taiwan MC : Alors le but sur cette soirée c’est de présenter mon nouveau live, et de présenter l’album « Cool & Deadly ». J’aimerais donc pouvoir inviter une bonne partie des featurings présents sur l’album. Évidemment certains habitent à l’étranger, en Afrique du Sud par exemple. Evidemment il n’y aura pas tout le monde, mais on va essayer d’inviter une bonne partie du disque et aussi plein de potes à moi. Il y aura en tout cas plein de guests très très lourds ce soir-là. C’est de 22h à 6h du matin, donc je pense que vous pouvez vous préparer et comment dire… Prendre votre journée du lendemain (rires). Venez faire la fête avec nous pour écouter les nouveaux disques, le nouveau morceau en live avec des musiciens sur scène dont Mathieu Seigner qui joue de la guitare et de la basse. On va foutre un bon gros bordel dans Paris.

On est dans une société d’images rediffusées et tu nous annonces une véritable performance instantanée !

Taiwan MC : C’est une date qu’on ne pourra pas refaire beaucoup de fois, ce sera un événement.

Nous avons hâte de voir ça ! Est-il important pour toi d’être présent sur tous les supports de musique aujourd’hui ?

Taiwan MC : Oui. Même si avec Chinese Man nous privilégions le vinyle depuis des années, nous sommes aussi présents sur tous les réseaux sociaux, tous les sites de streaming, de vente de musique en ligne, même ceux où on sait que les artistes ne touchent pas grand-chose. Des artistes essaient de se battre contre le streaming et de résister au maximum contre le téléchargement illégal. Je ne peux pas leur en vouloir car je comprends très bien pourquoi ils le font, mais souvent ils appartiennent à une génération qui a été habituée à un autre contexte : celui d’être particulièrement bien rémunéré par la musique. Ceux-là n’ont pas encore compris que ça ne fonctionne plus de la même façon (rires). 

Après effectivement c’est assez triste de voir des gens, qui devraient gagner de l’argent avec leur musique et qui ne gagnent rien, parce que les sites de streaming et les multinationales de la musique empochent l’argent. A mon niveau ça ne me dérange pas du tout d’être piraté, que les gens téléchargent ma musique et qu’ils utilisent youtube mp3. Pour moi, c’est l’évolution de la société contre laquelle il est difficile de se battre. On peut toujours regretter; le bon vieux temps (d’ailleurs j’écoute toujours des vinyles chez moi, j’écoute pas beaucoup de mp3 hormis sur mon ordinateur).

J’écoute des nouveautés sur soundclound comme tout le monde. C’est inutile de lutter contre, c’est mieux d’avoir sa musique un peu partout puisqu’à partir du moment où le maximum de gens écoutent ma musique, je sais qu’ils viendront un jour me voir en concert. L’essentiel serait que la musique circule un peu partout et qu’avec les statistiques on puisse voir qui nous écoute à la ville près, dans quelle région du monde, à quelle heure etc. C’est très marrant de voir que j’ai des auditeurs dans le monde entier ! Y compris dans des endroits où je n’ai jamais mis les pieds et où ma musique n’est pas distribuée par des moyens traditionnels.

Il y a un côté très mondial avec votre musique qu’on voit dès la pochette, on a un peu envie d’aller à la plage au Brésil.

(rires)

Taiwan MC : Le côté mondial, c’est déjà qu’il y a du monde sur le disque avec plusieurs langues. Je chante en anglais donc c’est une musique qui voyage beaucoup. J’ai la chance que ma musique puisse s’exprimer à l’autre bout du monde. Moi-même j’ai des origines internationales, j’ai vécu dans plusieurs pays quand j’étais enfant. Ce qui fait que je ne peux pas rester bloqué, sur un seul style, une langue ou un pays.

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Pochette de l’album.

Pour la conception graphique tu as travaillé avec qui ?

Taiwan MC : C’est Julien Loïs alias Ouikid qui fait toutes les pochettes et univers visuels de Chinese Man Records depuis des années. Quand j’ai signé mon premier disque, j’avais tout de suite demandé s’il était possible qu’il m’achète les pochettes. C’est le troisième disque qu’il fait et pour ceux qui ont remarqué, les trois disques ont la même ambiance puisque c’est la même scène à des heures différentes, toujours une scène de fête. En fin de compte c’est aussi un hommage aux bandes dessinées de mon enfance.

Vous dites que c’est un même scène à des heures différents, cela signifie-t-il que votre musique s’écoute à toute heure ?

Taiwan MC : Sur cet album, nous avons essayé de composer avec des sonorités plus tranquilles jusqu’aux plus guerrières à la fin. Je ne saurais pas te dire quel morceau correspond le mieux pour quelle heure, en tout cas mon but, c’est de faire de la musique qui n’est pas tout le temps énervée ni trop énergique. Il faut que ça module.

Pour revenir sur le label et le fait que vous êtes vraiment un groupe, puisque c’est le label qui t’a mis en relation avec Julien Loïs. Est-ce que ça vous protège des multinationales sur les revenus générés par votre musique ?

Taiwan MC : Dans le sens où on est un label indépendant depuis des années, ils n’ont jamais accepté de signer avec des majors. Leurs seules entorses ont été de se faire distribuer : ils ont accepté des services qu’ils ne maîtrisaient pas comme la distribution de disques par un label important. Par contre toutes leurs productions, toutes leur esthétiques, leurs choix musicaux mais aussi artistiques viennent d’eux et de leur indépendance. Ils font tout eux mêmes et sont à l’abri par leurs choix.

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Tawain MC avec des lunettes.

Une de leurs musiques a été utilisée par une marque pendant 2 ans, avec cette publicité ça leur a permis de fonder le label et de rester encore plus importants. Aujourd’hui si tu signes sur un grand label, tu dois signer un certain nombre de disques et si t’es pas inspiré, tu dois quand même leur faire ton disque. Chez Chinese Man Records ça n’existe pas, dans le sens où ils prennent le temps de mener à bien leurs projets au moment opportun. Une petite année sabbatique s’est déjà imposée pour faire un album alors que le label aurait pu décider de tourner beaucoup plus. Ce sont des choix qui font qu’ils restent complètement indépendants et maîtres de leur destin.

Cette éthique-là, vous l’avez trouvée sur le Mont Wu-Tang Clan ?

Taiwan MC : Les origines et les initiations sur le Wu-Tang ont eu lieu avant mon arrivée (rires). Ils avaient déjà monté leur confrérie et ils cherchaient de nouveaux disciples pour mieux répandre la bonne parole.

A propos de la bonne parole, c’est une question un peu plus triste. Vous et moi on est arrivés en retard à cause d’un colis suspect sur la ligne 8 (Paris). Vous nous apportez le sourire, le rire, la joie et l’envie de « skanker » dans cette époque, donc vous nous rassurez avec votre musique, c’est quoi votre secret ?

Taiwan MC : Justement malheureusement, je me tiens à l’écart de l’actualité. Je suis déconnecté alors que c’est une attitude reprochée à ma génération. Je suis très déconnecté, en tout cas je me dis que n’étant pas très politisé, sans énormes convictions ni solutions toutes faites, je me contente de faire ce que je sais faire, de la musique, et chanter. On m’a déjà reproché d’avoir des textes pas assez engagés ou trop festifs, mais je me sentirais mal d’essayer d’écrire un texte juste histoire de. J’ai déjà vu des artistes faussement engagés ou qui enfoncent des portes ouvertes, pour déclamer que la société ne tourne pas rond. Justement, si un jour je pouvais écrire un son avec un beau texte et un sens profond là-dessus, je le ferais si j’ai l’inspiration. En attendant la fin du monde, je préfère me lancer sur des sons festifs (rires).

Au moins, il n’y aura pas de démagogie dans vos chansons !

Taiwan MC : Non. Je fais en sorte de ne pas trop tomber là-dedans, même si sans le vouloir je peux le faire. C’est surtout la musique qu’il faut écouter.

Comment s’est déroulé votre passage de l’EP à l’album ?

Taiwan MC : J’étais pressé de sortir un disque mais je ne connaissais rien au business de la musique. Le groupe Chinese Man, m’a vraiment conseillé après mes maquettes, de tout recommencer pour mon premier EP. Ils m’ont d’abord dit de ne pas lancer un disque avec 12 chansons mais de d’abord commencer par un disque avec 5 bonnes chansons. Je donnerais le même conseil à quelqu’un qui se lance dans la musique. Au lieu de faire un album avec 24 chansons à 16 ans, il vaut mieux attendre un peu, réfléchir et sortir des petits formats pour tâter le terrain.

Nous approchons de la fin. Avez-vous un dernier mot ?

Taiwan MC : Je suis toujours aussi étonné de voir qu’autant de gens écoutent mes sons et apprécient ma musique. Je suis toujours très ravi de l’accueil et de l’intérêt qu’on éprouve pour moi ! Et allez écoutez mon skeud !

Nous vous recommandons quand même d’aller acheter son vinyle et/ou son CD !

Taiwan MC : Ah oui ! Et alors dans le vinyle, il y a un bonus : un morceau de hip-hop produit à Paris avec DJ IDEM. Pour les motivés, les vrais qui achètent le skeud, la pochette du vinyle s’ouvre en deux. Ça récompense ceux qui se prennent la tête à acheter le vinyle.

Merci à Taiwan MC.

Taiwan MC : Merci à vous.

Source : https://www.lofizine.com/2016/11/13/interview-taiwan-mc/

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