Une opératrice ficelle des morceaux de saumon. Elle porte une charlotte plastifiée, une blouse et des gants épais. D'autres opératices se situent autour d'elle dans l'espace réfrigéré.

Certains métiers physiques peuvent mener à des troubles musculo-squelettiques. C’est particulièrement le cas pour les activités de mareyage et de transformation des produits de la mer. La Sécurité Sociale aide les entreprises à investir dans du matériel industriel afin d’accompagner les travailleurs dans leurs tâches quotidiennes.

Un métier complexe

Il est 5h50, la criée du port de Boulogne-sur-Mer est sur le point d’ouvrir. A l’intérieur des unités de transformation, les salariés s’agitent déjà. Le chronomètre est lancé : il y a tant à produire que chaque seconde compte. Les fileteurs répondent aux questions tout en travaillant. “Depuis que je suis chez Lassalle filets, je ne me suis pas coupé. Ça fait sept ans”, remarque Johan Mourmand, tout en découpant de la vive et du saumon sur la ligne de filetage manuelle. L’équipement est primordial pour éviter les accidents et lutter contre les troubles musculo-squelettiques.

Des postes manuels et mécanisés

Dans les espaces de travail, il fait froid et les machines sont bruyantes. “Elles nous soulagent quand même, elles réduisent nos efforts”, résume Johan, un grand gaillard tout sourire. Après quinze ans dans ce métier, ses gestes sont devenus quasi-automatiques. Des caisses en polystyrène défilent au niveau de sa tête. Il récupère le poisson dans la glace, tranche le poisson en deux, ôte la tête, retire les écailles et passe au suivant.
“Les machines sont efficaces lorsque le poisson est dur. En cas de mollesse du poisson, mes salariés sont bien meilleurs”, constate le chef d’entreprise Claude Lassalle. Même constat chez Océan Délices où les ouvriers interviennent après l’action de la peleuse à saumon pour terminer de retirer la peau.

Un secteur dans les filets de la sécurité du travail

Morgane Hornez, responsable des ressources humaines chez Océan Délices, est référente sécurité de la Caisse d’assurance retraite et de santé au travail (CARSAT). “Je suis habilitée à dresser le bilan ergonomique des conditions de travail. Quand on améliore un poste, c’est sur le long terme pour que la santé des salariés soit la meilleure possible”, souligne-t-elle.
Il y a deux ans, les aides financières simplifiées (AFS) ont accompagné l’entreprise dans l’équipement en transpalettes à haute levée mécanique. Ces machines évitent de s’abaisser et soulagent le dos. Aujourd’hui, Morgane sollicite l’aide CARSAT pour une ficeleuse automatique qui réduit les troubles musculo-squelettiques.
Chez Whitelink Seafoods, Charlotte Duquesnoy, employée, fait défiler les aliments dans une machine à faire des brochettes. Une fois la vitre de protection refermée, elle appuie sur un bouton qui active la mécanique. Si l’opératrice avait ouvert la vitre pendant le programme, la machine se serait interrompue. l’activité du mareyage et de transformation des produits de la mer devient de plus en plus sécurisée grâce aux machines, mais aussi grâce à la formation aux métiers et à leur réglementation.

La sécurité sociale cofinance l’achat d’équipements industriels

Une machine dans l’agroalimentaire coûte entre 5 000 € et 100 000 €. La Caisse d’assurance retraite de la sécurité au travail (CARSAT) propose deux types d’aides financières plafonnées à 25 000 € et 70 000 €. Les entreprises de mareyage et de transformation peuvent bénéficier d’aides annuelles pour des équipements spécifiques et du matériel d’assistance qui améliorent les conditions de travail.

Capécure allie technologie et sécurité au travail

A proximité de la gare de marée, l’entreprise Varlet fabrique des machines manuelles et automatiques qui servent à découper de la viande ou du poisson. Entre 5 et 8% du chiffre d’affaires de cette entreprise (née en 1933 dans le Boulonnais) sont réalisés à Capécure, où les machines sont fabriquées de A à Z.

Pierre Coppin termine l’installation d’un écailleur électrique dans les ateliers de Varlet.

“A Capécure, on met trente minutes à rendre visite pour un dépannage, mais j’ai des agents dans chaque pays où je vends du matériel pour assurer le service après-vente en cas de pépin”, explique Eric Barbier, pilote de Varlet depuis 2017.
Les machines conçues ici réduisent les sources de danger au travail et garantissent des postures adéquates. Eric ajuste aux besoins des clients en privilégiant par exemple les commandes aux genoux et les poignées rotatives. Des boutons de réarmement pour la sécurité, des détecteurs électriques avec aimants et la cartérisation (protection des pièces d’un engrenage ou d’un moteur) font désormais partie des normes européennes.
Toujours dans le but d’éviter les accidents et les maladies professionnelles telles que les troubles musculo-squelettiques.

Arthur Labarre

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